2008 : entrer dans la légende

C’était un pari fou lancé par les organisateurs et repris avec passion par l’ensemble des concurrents. Comment imaginer que ces élégants voiliers, pour la plupart cantonnés à de simples rôles d’élégance sur les plans d’eau, puissent s’affronter à travers un océan et, qui plus est, en course ?

Conçue par Loïc Blanken, inspiré par la vision d’un gréement aurique en plein milieu de l’Atlantique et épaulé par François Séruzier, la Transat Classique rassemble pas moins de 25 voiliers au départ d’Agadir, après une première étape partie de Douarnenez. Pendant la traversée, les équipages se prennent au jeu et demandent le meilleur à leurs montures, longtemps qualifiées de « commodes Louis XV »… par des gens qui n’ont jamais navigué à leurs bords.

Mais s’ils ne ménagent pas leurs efforts, ils ont en permanence le souci de respecter le matériel et, au bilan, seul un bris de bôme, à l’arrivée de la première étape, est à déplorer. Si la première étape est marquée par des conditions de mer difficiles dans le golfe de Gascogne, le parcours entre Agadir et l’île de Saint Barth, aux Antilles, se révèle surtout tactique avec de multiples options : certains vont au nord chercher une brise plus soutenue, tandis que la majorité file vers le sud pour accrocher les alizés et leurs vents portants.

Si Pen Duick VI, le mythique voilier d’Eric Tabarly vainqueur de la Transat anglaise en solitaire de 1976, franchit le premier la ligne d’arrivée en temps réel, le superbe plan Stephens Stiren remporte en temps compensé la première édition de cette course exceptionnelle.