26 janvier 2019

« Les Caraïbes à 70 milles devant l’étrave. Ça sent la fin d’une belle course transatlantique que nous avons doublée d’une agréable croisière facétieuse.

Oui, la mer est ronde et nous avons pris garde de naviguer néanmoins au plus près des côtes. Côtes de Beaune et Côtes de Nuit, il fallait bien ce lubrifiant social pour finir d’agréger les 5 bougres qui constituent l’équipage de Glen. Maxime le Belge, Marius le Normand, Éric le Toulousain, Guillaume le Marseillais. Tous désormais membres à vie du Cercle de la Morue joyeuse dont j’assume les fonctions de secrétaire perpétuel. Il nous en restera le je ne sais quoi et le presque rien qui rendent la vie en mer si belle quand on la partage entre amis. Nous nous souviendrons aussi, dans un mode non exhaustif :

Des sargasses qui s’étirent longuement sur la crête des vagues, joli biotope aux propriétés vraisemblablement nombreuses dont on aimerait qu’il ne finisse pas dans un tube de crème cosmétique à détoxiquer les botoxées. Des exocets, poissons volants, cousins germains de notre libellule terrestre avec laquelle ils partagent la même indécision de vol. Des monstres des abysses qui auront tenté, en vain, de nous effrayer. Des cuillères en inox qui décidément ne flotteront jamais. Des oiseaux qui, à 1 500 milles des côtes, tournent en l’air en semblant chercher la direction de la future COP 21 afin d’y déposer une motion « Urgence Biodiversité ». Des dorades coryphènes dont les couleurs font penser, pour certains d’entre nous, à une robe de la grande Pauline qui eu ses heures de gloire au restaurant de la Nautique, quai de Rive Neuve, à Marseille. A ce navire étrange croisé au milieu de rien et aux feux de route si incertains qu’aujourd’hui encore nous ne savons pas si nous avons eu affaire à une canonnière guatémaltèque ou un brise glace russe au GPS affolé. De la suppression de la seconde d’arc au profit du dixième de minute dans les éphémérides nautiques : Monsieur le Directeur du bureau des longitudes et gardien de la connaissance du temps, s’il vous plaît !, laissez nous nos degrés, minutes et secondes d’arc, que diantre, que nous puissions arcsinuser et cosiner à l’ancienne tranquillement. Même ma calculatrice Helwett Packard à la notation polonaise inversée et d’époque post-rocardienne pré-jospinienne y perd son latin. Et si, Monsieur le Directeur, l’argument vous semble léger pensez à notre regrettée Mireille Darc et sa célèbre réplique dans « Fantasia chez les ploucs » : « Chéri, je suis à toi dans une seconde. »

Aux îles imaginaires que notre sillage n’a pas croisées : l’île formée par la lette A de « océan Atlantique », aux mouillages enchantés, que tous avons vu sur notre routier et sur laquelle Philémon, personnage de bande dessinée de Fred, se réveille après avoir chuté au fond d’un puits. Le point du i, paradis des marins dit-on, sur lequel dansent sirènes et tous ceux, connus et anonymes, marins, plaisanciers, pêcheurs, coureurs des mers sur qui, un jour, la mer s’est refermée pour toujours. Nous ne les avons pas vu et c’est mieux ainsi.

Donc, si tout va bien et si le mât ne nous tombe pas sur la tête, nous pourrions franchir la ligne très tard ce soir ou tôt demain. Peut être irons nous mouiller à une encablure du port finir tranquillement nos bouteilles et gratter ce qui reste de jambon sur l’os. Et quand nous aurons les ongles propres et les moustaches cirées, alors nous irons à terre y boire un coup et écouter ce qu’il s’y raconte…

Le vin du jour. Beaune les Cras 2001. Une merveille de pinot à la fraîcheur exquise. Tannins suaves. C’est un bateau très toilé, véloce, au gréement élancé : La Granvillaise !

La citation du jour est de Jean-François Deniau. Elle m’a été transmise par une amie équipière de Glen avant le départ : « Nous qui avons tenté d’accorder notre souffle à celui de la mer en ne lui demandant rien d’autre que de pouvoir, de temps en temps, vivre et survivre à son rythme. Nous qui aimons le chuintement de l’eau sous l’étrave, et la courbure de la voile travaillant au mieux de sa forme, et le sillage que la mer de l’arrière accourt noyer inlassablement. Nous qui sommes les derniers, confondant l’espace et le temps, à compter sur cette planète les distances en jours. Nous qui ne recherchons ni l’inconfort, ni la fatigue, ni le risque, mais les avons acceptés comme étant de notre lot, avec le sel dans les yeux et sur les lèvres, le vent qui refuse, l’aube qui ne se montre pas encore. Nous qui n’avons rien à gagner, rien à prouver, rien à battre, oui, nous devons être prudents, et pudiques, et discrets. Il faut toujours l’être quand on aime. »

 



 

24 janvier 2019

Ils sont prêts. Les coffrets d’acajou sont ouverts devant eux. Les 2 sextants reflètent doucement la lumière du jour. Ils ont nettoyés tout doucement les miroirs, ajustés les filtres. Ils ont vérifié et noté l’erreur de collimation. Le plus grand est un Cassens & Plath, le petit un Lefebvre-Poulin peu courant qui tient debout dans sa boîte tapissée de feutrine bordeaux.

Ils sont prêts. Ils ont consulté les éphémérides et connaissent l’heure de culmination du soleil à Greenwich et sa déclinaison. Ils en ont déduit, après de prudents calculs, l’heure théorique de culmination à leur longitude. Leurs gestes sont lents et précis. Ils savent que dans quelques minutes le soleil va atteindre son apogée au-dessus de leurs têtes et qu’il leur faudra alors saisir sa hauteur sur l’horizon. Ils ont répété leurs mouvements : viser le soleil et basculer le sextant en faisant glisser l’alidade sur le limbe, jusqu’à ce que le soleil tangente l’horizon. Ils ont en tête la vitesse de déplacement de l’astre : 15º par heure, une minute d’arc toutes les 4 secondes, un mille toutes les 4 secondes. Le reste de l’équipage les observe, ils sont attentifs à ceux qui vont jouer avec l’équation du temps. Ils sont prêts : une bière ante méridienne pour fluidifier leurs fonctions cérébrales et dans quelques minutes, les dés seront jetés. Leurs mains se tendent pour saisir les sextants, plus un bruit hormis le glissement de la coque et soudain un cri : « Poisson ! »

Effectivement, un poisson de taille conséquente se tortille au bout de la ligne de traîne. On l’avait oubliée celle la. Elle faisait partie des objets décoratifs du bord à la finalité indécise : servir de point de mire à l’équipier parti se soulager au tableau arrière à la fin de son quart, par exemple. Marius avait tout essayé, le fromage, le jambon, les plumes… Rien de rien. Bredouille. Bas de lignes arrachés par des mâchoires puissantes, appâts délicatement sectionnés au ras de l’hameçon. Bref, bredouille. Même un exocet sacrifié ne nous a pas permis d’inverser la donne. Bredouille.

4 secondes, c’est moins qu’il en faut à nos cerveaux reptiliens pour oublier Friocourt, les tables de Bataille et Dieumegarde et la droite de hauteur de Marcq Saint-Hilaire et se remettre dans l’âme d’un prédateur. On sort le « gintchu », crochet inoxydable,

pour remonter la bête à bord, le seau est prêt et le rhum aussi. On tâte le fil des couteaux avec le gras du pouce : le grand couteau au manche gainé en tresse de ligne à thon pour trancher et éviscérer ; celui à lame fine et souple pour lever les filets. Cinq minutes après, la dorade coryphène est à bord, prestement envoyée au paradis de la dorade à l’aide d’une rasade de rhum. Quelques gestes précis de Marius, notre pêcheur, pour lever les filets et la carcasse repart à l’eau. Même Soizic, de la poissonnerie de Trégunc, n’aurait pas fait plus vite et plus propre. Il devait y avoir dans cet océan une dorade suicidaire et il a fallu qu’elle croise notre route. Probabilité infime, mais les faits sont têtus et Marius a pêché un poisson. La dissection post-mortem a révélé qu’il s’agissait d’un animal de sexe femelle, parturiente et potentiellement dépressive, mais dont l’œsophage ne contenait aucun plastique. Franchement, nous sommes déçus. Rien de rien, pas même un chewing-gum d’Alex Thomson ou un bout de mégots d’un voileux minitransateux. Alors, ça sert à quoi de jeter tout ce plastique à l’eau, si on ne le retrouve même pas dans les poissons ? Revenons sur la dorade. Prestement cuisinée par Marius : saisie au beurre et servie sur un lit d’oignons et de poivrons confits, accompagnée de riz blanc cuit dans un bouillon de thym.

Le vin du jour : un Puligny Montrachet 2012. Peut-être un peu jeune (comme la daurade), mais dont la vivacité et la fraîcheur acidulée s’accordaient parfaitement avec le poisson relevé au citron dans l’assiette. Et donc… si c’était un bateau ? La réponse est dans le texte : Dorade d’Olin Stephens, un de ses premiers dessins, le yawl qui remporta, en 1930, la course transatlantique Newport-Plymouth, en bousculant les codes de l’architecture navale de l’époque.

Dicton du jour : « Si tu veux naviguer dans les grains, bois du passetout grains ! » (Yvan Le Bihan, patron du fileyeur « Marie-Ange », Port Joinville)

 



 

23 janvier 2019

« Un peu moins de 900 milles de St Kitts. A ce stade, l’histoire semble pouvoir continuer éternellement : la cambuse est encore pleine, la cave à vin n’a pas atteint son niveau de crise de basse mer de vives eaux (coef. 120 : sans vin), le moral excellent et le spectre du scorbut éloigné. Sauf que l’éternité, à la fin, c’est plutôt long (Woody Allen). Nous serons de fait ravis d’atterrir quelque part, ne serait-ce que pour vérifier, comme les livres le racontent, que là-bas, de l’autre côté, il y a aussi des filles. On s’est laissé dire que, quelques jours avant notre départ, un aventurier s’est élancé dans la traversée de l’Atlantique depuis Gran Canaria dans un tonneau, emmenant avec lui une bouteille de vin pour, à l’arrivée, la comparer à un témoin resté à terre. L’affaire nous semble suspecte : sur le fond, depuis Diogène, il semble délicat de s’aventurer dans un tonneau sans friser le plagiat ; sur la forme, gâcher du merrain de chêne pour se faire bouchonner sur l’Atlantique, au risque que le vin bouchonne aussi, c’est embêtant. Nous souhaitons bonne chance à l’impétrant et lui suggérons un autre projet : profiter de la vente des vins des hospices de Beaune pour acheter aux enchères une douzaine de fûts, les faire élever et embouteiller tranquillement, récupérer la futaille, la brêler bien solidement pour confectionner un radeau, le mâter d’un poteau des PTT (cela s’est fait avec réussite dans les années 60) à la mode de Bernard Moitessier, y gréer une fortune carré et embarquer avec poule, chimpanzé, perroquet et un boujaron de rhum. Gloire assurée à l’arrivée et contrat possible avec Polanski pour le remake de Pirates. Au moins, dans ce scénario, on s’épargne la souffrance de regarder une bouteille pendant 80 jours sans la boire. Mais nous saluons la détermination de l’homme et nous l’invitons à venir témoigner lors de notre prochain atelier de navigation du Cercle qui portera sur : « L’influence freudienne dans les anomalies de déclinaison magnétique autour de la dorsale média Atlantique ».

Reprise des actualités du Cercle de la Morue joyeuse. Nous remercions chaleureusement Svetlana, Polina, Tatiana pour le sans-faute au quizz de recrutement d’assistante de presse et qui ont su déjouer les pièges des deux dernières questions. Question 48 : Pen Duick lll est une goélette à wishbone. Dois-je faire un vœu quand je passe devant le grand mât ? Question 49 : Marius, comme tous les marins des Pen Duick, porte un slip rouge. Si je le croise en sortant du bar d’un port des Antilles : Réponse A, je laisse la marque à tribord ; Réponse B, je laisse la marque à bâbord ; Réponse C, je passe sur la marque.

Note aux adhérents : cigares et rhums sont désormais servis sur le pont, à partir de 18h, heure locale. La personne qui a emprunté la carte de visite de Christina est priée de la reposer sur la table à cartes.

Dégustation du jour (1) : Château Rieussec 2009. Le grand prince des sauternes. Explosion d’agrumes et d’abricots au nez. Une bouche savoureuse et onctueuse qui n’en termine que très lentement pour finir en douce pâte de fruits sur le palais. Puissance et élégance. Il nous fallait un grand yacht du début du XXe : Altair et sa cathédrale de voiles.

Dégustation du jour (2) : Gevrey Chambertin Clos des Varoilles 2012. Charpente dense à l’attaque pour une finale volumineuse empreinte d’arômes de tabac. Tanins carrés et fermes, en devenir. Comme dirait Jean-Fanch, matelot sur le thonier groisillon Biche : « Y’a du bois dans le canot ». Nous pensons au ketch aurique scandinave Lun 2, armé au cabotage équitable et aux transports de fret indispensable comme le vin et les spiritueux.

 

Citation du jour, prêtée au lieutenant de vaisseau Hubert du Coaltar de la Bonnette (né à Beg Rohu, disparu à Brest rue de Siam) lors de sa nuit de noces : « Lof pour lof ma chère Clothilde, ne lâchez pas les barreaux du lit, j’empanne ! »

16 janvier 2019

« Glen et les sirènes. Nous étirons mollement notre sillage en attendant le réveil de l’alizé, pas très loin de Stiren et Hilaria, les deux autres Stephens. Nous pourrions presque nous croire dans « Tintin et le secret de la licorne » et l’énigme des « trois frégates navigant de conserve ». Dans les facteurs explicatifs de notre faible vitesse, à coup sûr, les sirènes y ont leur part. Les marins et les grands enfants savent bien que les bulles qui éclatent dans le sillage des navires ne sont pas des bulles ordinaires mais des messages qui s’échappent de leurs bouches. Prêtes à tout pour retenir les marins, elles enchevêtrent leurs chevelures dans les voiles de quille et tentent de nous freiner. Mille marin après mille marin, elles finissent par se décrocher et on peut les voir, la nuit, disparaître dans le sillage en boules phosphorescentes. La carène de notre Glen ayant toujours constitué un refuge de choix pour ces créatures marines – allez savoir pourquoi -, il nous faut à chaque appareillage plusieurs centaines de milles pour s’en débarrasser. Affaire à suivre en regardant le loch…

La recette du jour par Maxime, chef une étoile de mer au guide Goiot et Gonio.« Filet de dorade coryphène à la basquaise »
8h : mettre la ligne à la traine.
11h : sortir la bouteille de sancerre du frigo et commencer le téléchargement des fichiers GRIB. Boire un coup et couper le saucisson.
Émincer les échalotes, les poivrons, faire revenir dans beaucoup de beurre et pas trop d’huile. Mouiller au vin blanc, ajouter les tomates et faire réduire.
12h : à ce stade la bouteille de blanc est généralement à moitié vide.

12h30 : apéritif. Le fichier est téléchargé.

14h30 : remonter la ligne : évidemment, il n’y a rien au bout.
Variante pour sauver la recette :
Casser deux œufs battus dans la piperade et servir chaud en ouvrant une deuxième bouteille. Le lendemain recommencer en essayant un autre vin.

Annonce : dans le cadre de la préparation de son AG extraordinaire, le Cercle de la Morue joyeuse recrute une attachée culturelle dans le cadre d’un emploi fictif à durée déterminée. Mission : accompagner le bien-être de l’équipage et assurer le suivi des travaux quotidiens en relation avec le Captain. Phénotype à grands élancements et retour de galbord. Langue maternelle russe appréciée. Compétence : matelotage (art des nœuds). Rendez vous au Grand Banc du Meteor Lat 30 deg N Long 30 W.

Citation du jour : « J’ai dépensé beaucoup d’argent dans les bateaux, les filles et l’alcool ; le reste, je l’ai gaspillé. » (anonyme)

Le vin du jour : Chablis Premier Cru les Blanchots 2009. Une belle tension, la bouche finit tout en douceur avec de l’élégance. Nous n’y avons pas trouvé de minéralité, mais de beaux arômes de fleurs blanches. Ce vin ne porte pas son âge, un jeune homme éternel comme le Star, quillard olympique dessiné en 1905, au dessin intemporel.

(NDLR : Le Star a été dessiné en 1910 par Francis Sweisguth, à partir des plans du Bug, plus petit en taille, imaginé par William Gardner. Les jours passés loin sur l’océan, les ardeurs du soleil et l’absence de connexion Internet expliquent ce léger décalage de dates chez les historiens de la belle plaisance de Glen Maël. Mais en mer, on le sait, le temps est relatif.)



15 janvier 2019

« Le vin de midi : Rully Les Pucelles Premier Cru 2012. Nez noisette, bouche délicieusement beurrée et finale boisée. Il nous manque les Saint-Jacques et queues de langoustines saisies au beurre. Le bateau : le Marche-Avec, chaloupe sardinière de la baie de Concarneau. »



14 janvier 2019

« Étrange rencontre avant hier sur Glen. A la tombée de la nuit, un orque imposant a surgi de l’eau à peut être 3 ou 5 m du tableau arrière. J’étais dans la descente en train de préparer le dîner et en suis resté pétrifié de stupeur. Immense nageoire dorsale dressée, la bête était là, effrayante dans la nuit. L’équipage réuni dans le cockpit en est resté muet quelques secondes. Nous nous sommes souvenus de Jonas of course, mais surtout du Guia de Giorgio Falk coulé par un banc d’orques lors du Triangle Atlantique. Tournée générale pour l’équipage pour dissoudre ce souvenir dans des breuvages à vocation joyeuse ! Nous nous sommes demandés par la suite si l’offrande de notre jambon Iberico serait une façon de convaincre ce prédateur des océans de nous épargner ! Les avis furent divergents : de la position radicalisée excluant le compromis – on ne touche pas au jambon ! – à une vision plus progressiste – le salut passera par le sacrifice et le compromis ! Le caractère politique de ces débats n’échappant à personne nous avons décidé de les tenir dans le cadre d’une association immédiatement crée : « Le Cercle de la morue joyeuse », au siège social flottant et temporairement localisé sur Glen Maël. Les fonds propres de l’association sont constitués de la cave à vin du navire ce qui, pour un connaisseur, est une donnée perceptible ! Pour le reste, nous pêchons (rien), la qualité gastronautique du bord atteint des sommets grâce au duo des chefs M&M* qui peuvent espérer une étoile de mer au futur guide gastonautique des Editions du Pen Duick. Les activités culturelles et scientifiques du bord ne sont pas oubliés : navigation astronomique et Proverbe du jour : « Astro casser la tête, elle éclate »

*Maxime et Marius, skippers sur les Pen Duick

Hier, nous avons jeté à l’eau une bouteille contenant un message succinct résumant notre aventure, en laissant nos coordonnées dans le cas hypothétique où les courants feraient qu’elle parvienne un jour sur une plage. En cas de découverte par un jeune homme, qu’il s’abstienne de répondre… sauf s’il a une grande sœur.

Vin du jour sur Glen Maël : Vosne-Romanée Clos de la Fontaine 2007. Précieux et subtils tannins. Nez de myrtille et de réglisse. Une harmonie toute en douces vibrations. Nous pensons à un petit Herreshoff aurique qui est au ponton Tradition de la Nautique* : Le Lézard. »

*Société Nautique de Marseille

(NDLR : Sans remettre en doute les qualités organoleptiques du vin, ni les compétences œnologiques de l’équipage, une certaine rigueur yachtingo-historique oblige à signaler que les plans du Lézard sont signés du peintre Gustave Caillebotte, en 1891, et non du Sorcier de Bristol. Nous mettrons cette étourderie sur le compte soit des vapeurs éthyliques soit des fautes de frappe inhérentes aux soubresauts océaniques de Glen Maël.)



13 janvier 2019

« Vin du jour sur Glen Maël : un Meursault Les Perrières 2010. Etonnant nez menthol et noisette. Bouche ample, soutenue par la belle tension du millésime. L’équipage pense à un fin 30 m2 suédois, comme Pileine à Port Louis. »



11 janvier 2019

« Vin du jour sur Glen Maël : Gevrey chambertin premier cru la Boissière 2012. Un beau bourgogne  puissance et équilibre. Tannins ferme et arômes intenses. Une fin de bouche qui pinote délicieusement. Bref de la quille longue et un e étrave droite : l’équipage en buvant ce vin pense au cotre pilote  jolie brise 1917 dont nous rappellerons qu’il a en son temps remporté le fastnet. »



10 janvier 2019

“Salut. Tout va bien. Ligne de traîne. Jambon Iberico. Chablis Montée de Tonnerre 2010”