29 janvier 2019

Derniers jours en mer ! Dans quelques heures, il ne restera plus que nous sur la course ! Depuis plusieurs jours, nous faisons route directe, subissant quelques molles de temps à autres. Aujourd’hui, lundi 28 janvier, nous attaquons notre dernière semaine sur Aramis. On table sur une arrivée vendredi soir. La fatigue commence à se faire sentir, mais le moral est toujours là, encore plus lorsque l’on se dit que dans quelques jours on aura traversé l’Atlantique. Si évidement notre bateau tient le coup jusque-là. Dernier problème survenu hier, le point d’écoute de la grand voile qui a lâché. Le bout étant retourné dans la bôme, nous avons refixé le point d’écoute, mais il n’est plus possible à présent de régler la bordure. La température augmente au fur et à mesure des miles. Nous passerons sous les 500 milles probablement demain. En attendant, l’équipage d’Aramis adresse ses plus chaleureuses félicitations à tous les concurrents déjà arrivés et qui vont arriver. Si notre arrivée se passe bien, nous pourrons tous nous satisfaire d’avoir terminé la course sans pertes et sans blessés !

 

28 janvier 2019

Allez, pour la route, une petite dernière de la série « Pépé fait du bateau ».

Le saviez-vous ? Pépé a pris le large sans anémomètre. Il était en panne et Pépé n’a pas jugé utile de le faire réparer : « Aussi peu fiable que la météo ce genre de connerie… ».

Vous connaissiez sans doute la technique du doigt mouillé ? Je vais vous conter celle du « Pisse au vent », spécialement développée par Pépé et qui à n’en point douter, mettra les Ardennes à l’honneur au prochain concours Lépine.

Tous les matins, invariablement, avant de mettre à chauffer l’eau du traditionnel café, Pépé pisse au vent : « Si je mouille mes godasses, on envoie toute la toile. On affale le spi si c’est l’caleçon qui trinque. Si l’t-shirt est trempé, il faut prendre 2 ris ! » Mais Pépé le Cachotier ne nous avait pas révélé ses problèmes de prostate : au vent ou sous le vent, c’est toujours le caleçon qui prend. Conclusion : tantôt sous-toilé, tantôt sur-toilé, on n’est pas prêts d’arriver !

Côté bouffe, c’est pas le top non plus. Pépé le Conquérant pensait plier l’affaire sous 10 jours. Prévoyant, il a avitaillé pour 12… A observer Pépé qui a perdu tout son bidou, on a l’impression que la transat facilite son transit. Un peu comme la Contrex, son partenaire minceur… Colopathe à ses heures, on sent parfois une légère angoisse chez Pépé qui ne fréquente plus les latrines qu’une fois tous les 4 jours. « On ch… tous les quatre jours, nous qui, d’ordinaire, étions si bien réglés. » (Sénèque, chapitre 22, paragraphe 12). On croise les doigts pour que tout rentre dans l’ordre à notre retour !

 

24 janvier 2019

Dernière ligne droite ! Ces derniers jours, nous avons été freinés par une bulle sans vent. Nous avons opté pour une stratégie consistant à contourner cette zone par le sud afin d’être ralentis le moins longtemps possible et retoucher du vent le plus rapidement. Dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 janvier, nous avons effectué un empannage sous spi et pris la route directe vers l’arrivée. Le vent s’est fait attendre, mais finalement s’est levé ce matin, nous permettant de marcher à 5-6 nœuds. Nous naviguons au travers pour le moment, le spi a été affalé au profit du génois. Nous passerons sous la barre des 1000 milles probablement demain. Les températures augmentent, nous sentons l’arrivée approcher ! Bonne navigation à tous !

 

21 janvier 2019

Aramis, derrière, mais pas si seul ! L’Atlantique, c’est pas le lac des Vieilles Forges dans les Ardennes ! En à peine la moitié de la traversée, nous n’avons croisé personne… jusqu’à ce matin ! Nous avons eu la surprise ce matin de voir apparaître un voilier, nous prendre en chasse et nous rattraper au point d’être à porté de vue ! Thomas, notre interprète en chef, a établi le contact par VHF. Ce voilier, répondant au nom de « Living Water », très probablement anglais, mesure 62 pieds et fait route vers la Martinique à une vitesse de 8 nœuds et devrait rester dans à notre portée pour la journée. On ne s’en rend pas compte, mais échanger en direct avec des personnes et voir un autre voilier après presque 15 jours de mer fait toujours plaisir. Pour notre part, notre bateau progresse toujours à une moyenne de 6 nœuds. On touche un vent de 20 nœuds. Nous avons pris un cap plus au sud hier soir pour essayer d’éviter une molle qui devrait arriver sur nous en milieu de semaine. L’ambiance est toujours aussi bonne à bord ! Bonne navigation à tous !

 

20 janvier 2019

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, vers 4h00 du matin (heure française), nous avons été pris dans un grain. Sous spi, le bateau est parti au lof, et notre parasailor s’est déchiré. Nous avons continué la nuit sous génois. Au matin, nous avons tangonné celui-ci. Nous faisons actuellement route direct sur l’arrivée à une vitesse moyenne de 6 nœuds. Nous disposons encore d’un spi asymétrique pour compenser la perte du parasailor. Touché, mais pas coulé pour Aramis et son équipage !

 

18 janvier 2019

L’équipage fête actuellement son record : 72 heures sans soucis technique ! Durant la nuit de mercredi à jeudi, voyant le vent monter, nous avons par précaution remballé le parasailor et décidé de continuer sous GV et génois. Il semble que nous ayons bien fait. La nuit fût mouvementée avec une forte houle sur notre arrière : l’équipage a eu du mal à dormir. Faut dire qu’avec ses 11 mètres, notre bateau a une facile tendance à se transformer en manège à sensations fortes. Au petit matin, un empannage et hop !, on ressort le parasailor ! Un vent allant de 12 à 15 nœuds, une moyenne de 6.3 nœuds sur la journée, des pointes à 8 nœuds et un cap direct sur St-Kitts, bref la journée est bonne. Le tout en passant entre les grains et les averses. On espère pouvoir continuer comme ça sur quelques jours ! En attendant, on surveille le ciel et on regarde les déferlantes autour de nous ! Bonne navigation à tous ! »

 

17 janvier 2019

« Petit résumé de notre journée du 14. Pour la bonne compréhension du sujet, Capt’ain Christian, huit fois grand-père, sera surnommé « Pépé ». Après « Martine fait des gâteaux », je vous propose la série « Pépé fait du bateau ». 14/01/2019 : galère totale. Rupture de la drisse de spi en début de matinée. Voile à l’eau. Il a fallu réparer avec les moyens du bord car si Pépé, très prévoyant, a bien pensé à la farine et à la levure pour le cas où on manquerait de pain, il n’a pas pris de drisse de secours (sans doute à cause du poids… un fléau en compétition). Il avait bien quelques bouts de ficelle, mais ça n’a pas fait la rue Saint-Michel. On a alors tenté une épissure. Pépé avait le fil… mais pas les aiguilles (le poids, toujours le poids…) et au brico du coin, ils étaient en rupture (les salauds !). Finalement, on a réduit la drisse qu’on a renvoyée en pied de mât et treuillé notre coéquipier Thomas en tête dudit mât pour repasser la fameuse drisse dans la poulie. Maintenant, on hisse sans winch. Pas grave vu qu’on est costauds. Ps : moyenne lamentable car pas de vent, mais qu’est ce qu’on s’est amusés avec notre petit bricolage qui nous a occupés tout au long de la journée…

Rétablissement de la vérité après avoir soumis ce résumé à la censure de Pépé : Pépé, qui a tenu le rôle principal dans « the optimist » n’a pas jugé utile de s’équiper d’une drisse de secours car il a fait réviser le gréement avant de partir et, je le cite (il aime les parallèles, c’est un marin), « un câble d’accélérateur ne casse jamais sur une voiture neuve » (il aime aussi un peu les rimes, mais c’est pas toujours évident). J’ai bien tenté de lui parler de la roue de secours, mais il ne partage pas mon analyse. Comme il s’énerve parfois un peu vite, j’ai préféré en rester là. Étienne (le fils de Pépé) »

 

11 janvier 2019

« Mercredi 09/01, les conditions de vent ont augmenté dans la soirée, jusqu’à dépasser les 12 nœuds, ce qui nous a enfin permis de prendre un peu de vitesse, au delà des 7 nœuds (SOG). Jusque-là, tout se passe comme prévu. Vers 1h30 du matin, heure locale, après un empannage sous spi, cap 180°, des difficultés à garder le cap nous ont laissés suggérer des problèmes au niveau de la barre. De nuit et avec un peu de houle, nous n’avons pas réussi à pousser plus loin le diagnostic. Par précaution, nous avons pris la décision de revenir vers l’île de Grande Canarie et averti le comité de course. La route a été compliquée avec le vent et les vagues face à nous. Nous sommes arrivés ce matin au port de Las Palmas. Nous regardons, avec les autorités du port que nous remercions au passage, la possibilité de sortir le bateau hors de l’eau pour effectuer les réparations nécessaires : il semble qu’une rondelle dans la liaison au safran se soit cassée et ait provoqué l’apparition de pas mal de jeu dans la barre. On espère reprendre la course dans 24 heures. Le moral et la détermination de l’équipe sont toujours là. Bonne course à tous en attendant ! »