Glen Mael, l’esprit « yachting »

« Avec Glen Maël, c’est un peu un paragraphe de l’histoire du yachting qui se termine », explique Jean-Philippe Gervais, l’actuel propriétaire de ce plan Stephens, l’un des plus petits participants de la Panerai Transat Classique 2019. « L’Italien Max Boris l’a fait construire au chantier Sangermani, en Italie, pour participer à la One Ton Cup en 1973. A l’époque, c’était une machine de guerre, mais il a dû affronter les coques planantes nouvellement dessinées par Dick Carter et Ron Holland.»

Jean-Philippe n’en est pas moins fier de son joli voilier et il compte bien profiter de cette traversée – un rêve né il y a une dizaine d’années – pour mettre en avant un certain art de vivre : « le bateau classique, c’est être bien en mer et bien vivre à bord.» Pour cela, et parce qu’il travaille dans l’univers du vin, il emporte une belle collection de bouteilles de Bourgogne. « Chaque jour, nous ouvrirons une belle bouteille et nous essaierons de la comparer à un autre bateau en fonction de son caractère, et bien sur d’y retrouver les sensations de notre aventure maritime. »

« Nous », c’est son équipage composé de deux amis marseillais, régatiers avertis et adeptes des croisières hauturières, et de deux jeunes marins habitués de Pen Duick III et Pen Duick V.

Pour sa part, Jean-Philippe a fait ses classes nautiques en Bretagne, apprenant la navigation à bord du Requin de son grand-père, puis sur celui de son père. Il devient ensuite chef de bord à l’école de voile des Glénans sur un voilier dessiné par John Illingworth. Pour naviguer en famille, il achète un Muscadet puis se construit un voile-aviron, sur plans François Vivier, avec lequel il part découvrir les côtes écossaises ou celles de Galice, avant de se porter acquéreur d’un Aphrodite 101. Ses activités professionnelles l’emmenant à s’installer à Dijon – d’où les vins de Bourgogne -, il découvre ensuite la Méditerranée. En 2012, lancé à la recherche d’un One Toner, pour la beauté de ses lignes, il découvre Glen Maël avec lequel il participe à de nombreuses régates de classiques et découvre les Baléares, la Corse et la Sardaigne.

Il prépare la Panerai Transat Classique depuis deux ans, avec en particulier le remplacement du gréement et l’acquisition de tout le matériel de sécurité pour affronter dans les meilleures conditions possibles une traversée océanique en course. Si Jean-Philippe reste discret sur ses ambitions de résultat, il embarque son sextant pour « rester très yachting », mais en avouant cependant prévoir de faire de la tactique et de surveiller de près les parcours de Bryell II et de Stiren. L’esprit corinthien oui, mais avec une pointe de compétition.

 

Informations techniques

Année : 1973

Chantier : Sangermani

Architecte : Sparkman & Stephens

Longueur hors-tout : 11,23 m

Largeur : 3,66 m

Gréement : sloop bermudien